Bigaré est un peintre du bonheur, peut-être est-il lui-même le bonheur de
peindre, coloré, très coloré, mais sans agressivité, sans violence. Et transparent,
délicat, subtil, avec des forces seulement évoquées.
Ses thèmes reprennent à leur compte le rythme de la vie.
Désirée, cette vie écrite par Bigaré, mais nullement dévorée. Caressée, lissée, presque bercée. Comme par des vagues, douces.
La mer sans danger, le soleil sans brulures, les cavaliers sans obstacles, le
rugby sans violence ; oui, la transparence du plaisir, du désir et du rire. Daniel Bigaré demeure du bon côté du miroir pour donner à voir la face positive des choses, la vie, sans métaphysique ni obsession. Sauf sans doute delle de la couleur. En bleu surtout. Quels bleus ! Plus riches par contraste avec le reste de
la palette, plus forts Grâce à la rigueur de la construction qu’équilibrent, soutiennent les verticales. Et pourtant, son couteau prend peu de matière, d’où ce résultat de transparence. Même pour l’outremer. Cette technique lui permet de transformer les contrastes des pâtes en simples oppositions chromatiques, d’une grande délicatesse, et d’une élégance raffinée.
Les thèmes heureux de Daniel Bigaré, son style, la manière de sa peinture
le rendent – c’est une grande qualité – un créateur pour tous, accessible à tous,
enrichissant pour tous. Car c’est une peinture vacances, une peinture-soleil, une
peinture-champagne que chacun peut consommer et voir et boire sans modération. Une musique d’été.
Maurice Bruzeau.