Aussi, quand il m'a demandé de prendre la plume, j'ai hésité. Le copain ne risquait-il pas de prendre le meilleur sur le
peintre ? lui aurait dit, dans son langage coloré, le barbouilleux !
Car Bigaré, à l'inverse de beaucoup de ses collègues, n'est guère charitable vis-à-vis de lui-même. Cet anticonformisme,
qui n'a rien à voir avec de la fausse modestie, lui va d'ailleurs à ravir. Oui, mon petit gars!
Depuis l'époque du groupe "Jeune Peinture" il n'a cessé de démonter sa peinture, de la morceler, de la moderniser, de
jeter sur ses toiles, des rouges, des blancs, des bleus qu'il affectionne tout particulièrement. Il
n'a jamais cherché à flatter l'œil, à accrocher le client. Il n'est pas homme à faire des concessions pour tenter de se faire
un nom. Bigaré va délibérément à contre courant, sachant pertinemment que ses personnages sans visage, continueront
de choquer les puristes, mais sans jamais susciter la moindre indifférence.
Quand je regarde ses oeuvres, des noms de peintres qui ont fait école, me viennent inconsciemment à l'esprit.
Décidément, objectivité et subjectivité ne feront jamais bon ménage quand il s'agit d'un copain ... d'abord.
Bernard Hennique
| dessin - Foot - |